L’opposition nA�cessaire

2015 11 18 oppositionDans le Clamart-Infos datA� de novembre, la majoritA� est en grande forme pour tirer A� boulets rouges sur l’opposition municipale, dans un style qu’il n’est pas exagA�rA� de qualifier de hargneux, d’agressif et aussi d’un peu mA�prisant, comme en tA�moigne le titre de sa tribune (« agir contre le vide intersidA�ral« ).

Est-il permis de rA�agir sur un ton sincA?re et plus calme ?

D’abord en reconnaissant que l’opposition au conseil municipal est aujourd’hui dans un A�tat de grande faiblesse. D’ailleurs il faudrait dire « les oppositions » plutA?t que « l’opposition », car les neuf conseillers d’opposition sont dispersA�s en trois groupes. Tout en le dA�plorant, on doit admettre que cet A�miettement traduit une rA�alitA� : ils s’expriment de faA�on souvent diffA�rente, et votent parfois de faA�on diffA�rente. Certes, on ne voit pas cette dispersion sur les bancs de la majoritA�. Comment M. Berger fait-il pour maintenir la discipline dans sa troupe d’ex-UMP si disparates, d’UDI, de MODEM, d’indA�pendants ? Peut-A?tre est-il prA�fA�rable de ne pas le savoir…

Mais on peut au moins se demander avec prA�occupation combien de temps les opposants conserveront entre eux des relations qui s’apparentent A� la mA�fiance. Une mA�fiance qui vient en partie du fait que beaucoup d’opposants (dont des membres du PS !) ne se reconnaissent pas dans l’actuel gouvernement. Mais elle tire aussi son origine des dA�saccords qui ont assombri les derniA?res annA�es de la mandature antA�rieure.

L’opposition, dans sa totalitA�, est particuliA?rement dA�stabilisA�e aujourd’hui par la condamnation rA�cente de Philippe Kaltenbach. Certes, l’intA�ressA� a fait appel ; cela ne fait pas pour autant disparaA�tre le dossier d’instruction, qui est lourd, ni le verdict de premiA?re instance qui l’est A�galement. La majoritA� municipale se complait dans les sarcasmes vis-A�-vis de celui qui est aussi conseiller municipal, et qui met ses collA?gues dans une situation impossible tant s’il reste au Conseil que s’il dA�missionne pour laisser la place A� la personne suivante sur la liste A�A�Ensemble pour ClamartA�A�, dont personne n’ignore qu’elle est son A�pouse.

Il est pA�nible pour les conseillers d’opposition de se dA�solidariser de Philippe Kaltenbach parce qu’ils ont pour la plupart travaillA� dans l’A�quipe municipale qu’il dirigeait, et que cette A�quipe a apportA� au service de la Ville des rA�ussites nombreuses et indiscutables. Les Clamartois le savent ; les Clamartois de bonne foi (la majoritA� !) le reconnaissent ; et l’A�quipe municipale actuelle, bien souvent, exploite les rA�alisations de la mandature antA�rieure en ne les modifiant qu’A� la marge.

Autant il est honnA?te de reconnaA�tre cette situation difficile, autant les termes de la tribune de la majoritA� sont violents et peu convenables. Non, les opposants ne sont pas dA�magogues, et les traiter de poujadistes prA?te A� sourire. Nous estimons que les accusations que la majoritA� actuelle porte contre l’opposition dans cette tribune sont pour l’essentiel injustes et infondA�es. DA�tailler et argumenter cette opinion serait long ; on l’a dA�jA� fait sur ce blog, et on le refera. Les dA�cisions que l’opposition critique (pas toujours de faA�on trA?s adroite peut-A?tre) mA�ritent la plupart du temps d’A?tre critiquA�es ; elles ne semblent pas toujours sages ni raisonnables, elles soulA?vent des interrogations, des inquiA�tudes. La tribune de novembre ironise lourdement sur l’attitude de refus systA�matique qui serait celle de l’opposition : si cela A�tait vrai, ce serait condamnable, mais celles et ceux qui assistent assidument aux rA�unions du Conseil municipal savent que ce n’est pas exact.

Les auteurs de la mA?me tribune notent en passant que la fonction vitale de l’opposition est de s’opposer. C’est bien vu ! L’opposition est indispensable, essentielle, et le fait qu’elle soit faible et dA�sorganisA�e n’est pas une bonne nouvelle pour la Ville. Seulement, si le Maire croit sincA?rement A� l’utilitA� de l’opposition, il serait prA�fA�rable de la mettre en situation de conduire des critiques sA�rieuses, rA�flA�chies, constructives. En toute objectivitA�, le calendrier prA�cipitA� des commissions municipales, l’incertitude sur les dates et heures des rA�unions du Conseil, rendent la tA?che de l’opposition difficile, lui interdisent de l’exercer avec sA�rieux et sA�rA�nitA�. La balle est donc dans le camp de M. Berger.

Bien certainement, nous vivons des jours marquA�s par des A�vA�nements graves, plus graves que les propos polA�miques A� l’A�chelle d’une Ville comme Clamart qui reste essentiellement un lieu paisible. Mais cela nous incite A� garder en tA?te A� quel point la dA�mocratie, qui est la base de notre force, est vulnA�rable ; A� quel point il est important de la respecter, et de la protA�ger. En commenA�ant par ne pas travestir la vA�ritA�.

PhW

1 Commentaire

  1. Karine Bois 24 novembre 2015 Répondre

    Il faut savoir si beaucoup de clamartois lisent le journal municipal car si c’est le cas ils ont dorénavant et pour longtemps une image très défavorable de ces membres de l’opposition. Les termes sont graves, les Elus de la majorité sous-entendent que ce sont des complices ni plus ni moins d’un système dirigé par un élu aujourd’hui condamné plus que sévèrement. Nous sommes beaucoup à avoir été choqués par ces propos presque diffamants et tenus contre des personnes estimées pour la plupart et totalement honnêtes. Il semble impossible que leur situation s’améliore dans ce contexte juridique car le nouveau maire va en profiter. Que restera t il des choses bien qui ont été faites avant? nous sommes nombreux à craindre plus rien d’ici peu de temps. Nous le regrettons beaucoup. Il faudra un large rassemblement de bonnes volontés pour l’avenir.

Laissez une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*