Dans les cordes, mais debout.

ELECTIONS MUNICIPALESLa dA�fiance, voire le rejet vis-A�-vis du gouvernement (et surtout du PrA�sident de la RA�publique) sont-ils l’explication dominante de la lourde dA�faite aux municipales que la gauche vient de subir ?

Dans le cas de Clamart, nous ne le pensons pas. La liste « Ensemble pour Clamart » souffrait de multiples et graves faiblesses : A�chec A� mobiliser et unifier son camp, contexte judiciaire incertain, composition disparate, incapacitA� A� rassembler, incapacitA� A� s’adapter A� la sociologie de notre Ville, stratA�gie de communication hA�sitante… L’A�chec, pour ces raisons locales, A�tait hA�las prA�visible, et souvent prA�vu. On y reviendra pour analyser plus en dA�tail ces faiblesses, ce sera utile.

Pour autant, il n’est pas question de nier l’impact du dA�samour vis-A�-vis de l’exA�cutif national. MA?me pour une A�quipe solide et inattaquable ayant conduit une campagne sans faute, la victoire aurait A�tA� trA?s difficile.

La lourdeur de la dA�faite ne tient pas tant A� son caractA?re massif pour cette A�lection, qu’aux impacts et retombA�es que nous allons subir A� prA�sent dans son sillage.

  • L’A�chec aux municipales va se propager sA�vA?rement lors des prochaines A�lections europA�ennes, pourtant si importantes, alors que mA?me en temps « normal » l’appareil du PS est peu capable d’en saisir et faire comprendre les enjeux.
  • L’A�chec des 23 & 30 mars va paralyser l’intercommunalitA� Sud de Seine, et va compliquer voire A�mettre en cause la mise en place de la mA�tropole parisienne A� partir de 2016.
  • Les relais municipaux du dA�putA� de notre circonscription ont tous disparu.
  • Nous savons qui plus est que, mA?me avant qu’on ne parle du renouvellement de l’AssemblA�e Nationale, la majoritA� au SA�nat aura rebasculA� vers la droite.

Alors que faire devant cette accumulation de mauvaises nouvelles A� venir ?

D’abord, encore et toujours, rA�flA�chir et discuter pour mieux comprendre ce qui s’est passA�. A Clamart certes, mais aussi dans le pays et notamment dans le PS. AprA?s tout, ce parti se revendique dA�mocratique. S’il ne va pas bien, et on a bien peur que ce ne soit le cas, c’est aux militants de le dire au sein de l’appareil, et de s’exprimer sans se limiter aux critiques.

Ne pas rester muet quant aux enjeux nationaux. Comment rA�agir au-delA� du changement de gouvernement qui vient d’A?tre dA�cidA� ? Pourquoi les militants PS attendraient-ils le petit doigt sur la couture du pantalon pendant que les dA�cisions sont prises ou encore non prises dans les palais nationaux ?

Maintenir la pression sur nos dirigeants pour qu’ils/elles travaillent sur le fond et avancent des idA�es. Tant que la gauche n’enregistre pas des rA�sultats sur le front de l’emploi et du redressement A�conomique du pays, tant que la gauche n’est pas crA�dibilisA�e sur les enjeux de sA�curitA�, elle ne reviendra pas aux affaires et se trouvera quasi restreinte A� une attitude de contestation dans les tribunes, tandis que les matches sur le terrain se dA�rouleront entre le Front National et une droite qui a bien du mal A� ne pas lui ressembler. Alors lanA�ons des idA�es ! Si quelqu’un dit qu’on a tout essayA�, il se trompe, c’est A� nous de le faire mentir. Le pays A�volue, les prA�occupations des citoyens aussi ; l’adhA�sion de l’A�lectorat A� nos projets, et notamment celle de notre base sociologique, est un impA�ratif. Il n’est pas question de perdre notre A?me et les valeurs de notre dA�claration de principes, mais en mA?me temps notre vocation est de prendre notre part de responsabilitA� de gestion des affaires publiques, et donc de traiter ces prA�occupations. Et si cela nous amA?ne A� devoir faire le grand A�cart, assumons-le.

Enfin relativiser. Pendant que nous remA?chons notre amertume, les pA�rils montent de toutes parts, et ils sont graves. Quelques exemples dans le dA�sordre :

  • Les conflits, avec les nationalismes qui se combinent aux intA�grismes religieux (surtout l’intA�grisme islamique). En Afrique nous sommes en premiA?re ligne et nous avons du mal ; vers l’est de notre continent nous sommes directement concernA�s, et pourtant presque en dehors du jeu.
  • Le dA�rA?glement climatique. Il y a quelques jours le GIEC a publiA� le second tome de son 5A?me rapport, ce tome qui traite de l’impact et de la vulnA�rabilitA�. Il y en a 44 pages et ce n’est pas gai. Qui va rA�agir ? Pour cela il faut de la sincA�ritA� et du courage.
  • Le systA?me bancaire. Avons-nous oubliA� ce que disait F. Hollande au Bourget ? S’en souvient-il lui-mA?me d’ailleurs ? Il le faudrait, parce qu’il avait bougrement raison et que si quelques progrA?s semblent acquis en matiA?re de connaissance des comptes et transactions, nous continuons de vivre sous la dictature dA�cA�rA�brA�e de ce systA?me. Comment restaurer la dA�mocratie que ce dernier a en partie confisquA�e ?
  • DA�pA?chons-nous de poser la question, parce qu’entre temps les gA�ants de l’internet se prA�parent eux-aussi A� prendre le pouvoir.A� BientA?t une entreprise comme Amazon saura tout de nous. BientA?t Google affichera A� haute voix, et sA�rieusement, sa perspective transhumaniste.

Ainsi, on voit que mA?me nos malheurs avec l’UMP, mA?me nos inquiA�tudes avec le Front National, ce n’est pas cela qui fait courir le plus grand risque A� la maA�trise de notre destin, A� notre bien le plus prA�cieux qui est la libertA�. Alors, aprA?s l’inA�vitable pA�riode de deuil, il sera bien vite temps de retrousser nos manches.

2 Commentaires

  1. « échec à mobiliser et unifier son camp, contexte judiciaire incertain, composition disparate, incapacité à rassembler »

    Il faut expliquer pourquoi la gauche à Clamart à perdu ces élections. Perdre au premier tour est significatif, c’est un choc, qui dépasse un simple effet national. Même si le bilan du maire M. Kaltenbach n’est pas le problème, il est à priori pour la ville et ses infrastructures, normal, sinon correct, même bon (selon les analyses de chacun) – ce sont des méthodes qui ont été sanctionnées. Il y a toujours une différence entre l’action réelle (bonne ou mauvaise) et la perception de cette action. C’est la perception de cette action qui est la plus importante, celle qui fait la différence auprès des électeurs. Dans des élections municipales, si le bilan n’a rien de catastrophique, ni d’incroyable, c’est l’humain qui prime.

    Car le maire d’une ville, c’est comme le patron d’une entreprise, l’entraîneur d’une équipe de football, il focalise toutes les passions. Il est au cœur, en première ligne. Tous les habitants ont besoin de lui, pour améliorer leur quotidien, leurs logements, les rues, les commerces, etc. Alors il cherche à bien faire, essayant de satisfaire toute le monde, y compris dans son programme, quitte à être irréaliste (nous attendons tous M. Berger sur ce point, lui souhaitant une réussite de cette équation qui semble impossible).

    Le changement était attendu
    Depuis des mois, les mêmes raisons sont évoquées par mes voisins, mes amis clamartois de tous bords: favoritisme, mise en examen, éclatement de la majorité, démocratie au sein du PS clamartois qui ne laisse pas place à la critique constructive. Les couacs de M. Kaltenbach, les couacs d’une gauche et écologistes divisée, d’un PS divisé réunissent à eux seuls ce ratage électoral. L’accord avec le Modem historique local de M. Delom n’aura pas suffit à compenser ce problème d’image, ni le PC depuis longtemps composante de la majorité locale antérieure.

    Alors, j’en appelle au PS, la gauche, verts et centre clamartois: Pour vous reconstruire, vous devez démarrer votre auto-critique (ne faites pas comme Copé et Fillon à l’UMP…), les bons points et les mauvais points, échanger entre-vous, écouter les citoyens et comprendre. Puis raisonnablement prendre acte des conclusions que vous aller en tirer. Le collectif et la vision devant primer sur les personnes.

    Puis expliquez publiquement vos erreurs, et proposez une reconstruction, une vision pour Clamart. Dès lors, vous deviendrez une opposition que nous pourrons croire. Une opposition qui devra toujours rester constructive, critique quand il le faut, mais admettant aussi les réussites de M. Berger.

    [Ce point de vue n’est que le mien, lambda, qui croit en la politique et sait ô combien nos femmes et hommes politiques donnent tout leur temps sans compter pour améliorer le quotidien des français. Je ne suis ni au PS, ni dans aucun autre parti, je ne connais l’action politique locale que des blogs, de quelques réunions publiques de quartiers rares, de twitter @jfporchez et d’échanges avec mes voisins qui à 90% sont contre M. Kaltenbach pour de bonnes ou de mauvaises raisons.]

    • PhW 4 avril 2014 Répondre

      Votre commentaire est bienvenu.
      Le petit groupe de militants PS qui anime ce blog autour de Jean-Luc s’attache notamment à adopter ce point de vue de critique constructive que vous appelez.
      Nous reviendrons dans les jours qui viennent sur l’analyse détaillée des résultats des municipales, et sur ce qu’ils suggèrent quant aux explications de la défaite.
      S’il y a, vous l’avez signalé, des choses à améliorer sur la façon dont notre camp s’organise et fonctionne à Clamart, nous pensons aussi qu’à d’autres échelons du PS par exemple les choses ne sont pas satisfaisantes. Nous en discutons aussi. A l’heure actuelle, ce parti a du mal à être aussi démocratique qu’il le prétend, et cela rejaillit sur tout.
      Revenez nous voir.

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